PARTIE II - CHAPITRE III
L’EPREUVAGE


Qu’est-ce que l’épreuvage ? Son but ?

          L’étape d’épreuvage au sens large du terme est une phase primordiale dans le fonctionnement de la chaîne graphique. Cette phase revêt une importance capitale pour l’entreprise, puisqu’elle fait gagner du temps et de l’argent. Son but est de simuler et valider les choix avant l’étape finale de l’impression sur presse. Cette étape doit respecter la mise en page et les couleurs de l’original. Elle doit se mettre en conformité avec les caractéristiques de la presse offset (se rapprocher le plus proche possible de son espace colorimétrique), et éviter ainsi les trop importantes divergences avec les paramètres de l’original.
L’épreuvage ou proofing peut s’effectuer de plusieurs manières différentes. L’épreuvage analogique, numérique ou à l’écran. Nous allons détailler ces trois possibilités en commençant tout d’abord par la plus ancienne. Nous n’abordons pas dans ce chapitre le système d’épreuvage sur presse, car il est de moins en moins adapté aux exigences techniques et économiques du marché.

L’épreuvage analogique


          Les deux systèmes d’épreuvage analogique les plus répandus sont le Cromalin (Dupont de Nemours) et le Matchprint (3M/Imation). Nous sommes ici dans une configuration faisant intervenir des films photosensibles tramés. Les colorants viennent se fixer sur ce film, tout en simulant au mieux ce que sera l’épreuve finale. Il y a dans ce cas de figure une simulation faite à partir de colorants en comparaison à des encres d’impression. Ce principe est bien rodé et donne des résultats fiables, mais malheureusement coûteux. Cette méthode d’épreuvage est tout de même onéreuse par rapport aux systèmes d’épreuvage numérique et à l’écran, mais assure une simulation proche de l’impression finale, et garantit au client une assurance (épreuve contractuelle) vis à vis de l’imprimeur.


L’épreuve Cromalin


          Le Cromalin est une marque déposée et assimilée à un moyen d’épreuvage couleur, c’est à dire à une méthode de contrôle de la qualité d’une image avant son impression sur presse. La sortie obtenue est appelée Bon à tirer ou BAT, et sert de référence pour l’imprimeur. D’un point de vue technique, le Cromalin est obtenu par un procédé photomécanique. En résumé, nous pouvons dire qu’un support blanc est laminé, exposé, puis le produit plastifié est enlevé du support en laissant une couche collante à la surface du support blanc. Ensuite, chaque film CMJN est appliqué à cette surface, et une plastification finale vient recouvrir l’épreuve. Nous obtenons au final une simulation de l’impression en quadrichromie de la presse offset. Le Matchprint d’Imation et le PressMatch d’Agfa sont aussi des procédés d’épreuvage analogique, dont le principe de fonctionnement varie du précédent. Il y a tout d’abord la phase de transfert d’une feuille de couleur primaire sur un support, par un phénomène de lamination. Ensuite, la phase d’exposition de ces couches s’effectue par contact à l’aide de sources lumineuses UV, et de films de sélection. La séparation de la couche de couleur du substrat fait suite à cette exposition, et produit donc une reproduction de l’image du film de sélection. Les films sont au nombre de quatre (CMJN). Une couche de protection est appliquée sur le support pour former le BAT.

          D’un point de vue économique, ce procédé est tout de même plus rentable qu’un épreuvage directement sur presse. Ce dernier étant réservé aux commandes en grand nombre et de très haute qualité. Mis à part les deux grands du marché (Dupont pour le Cromalin et 3M pour le Matchprint), des entreprises comme Fuji, Agfa ou Hoechst proposent des solutions similaires, avec quelques différences technologiques.
          Le Cromalin est sujet à certaines conditions de validité réunies sur un fichier appelé Barre de contrôle. Les conditions d’exploitation telles que la température ambiante de la pièce dans laquelle se trouve la machine, les caractéristiques qualitatives de la lampe servant à l’insolation des films, le type de pigment employé, ainsi que la séquence de repoduction de ces pigments (cyan, magenta, jaune et noir) doivent être maîtrisées. Ces gammes sont soit propriétaires (ex: Dupont Nemours), soit synthétisées par des sociétés spécialisées telles que Brunner, Fogra, etc. Celles-ci permettent un contrôle précis de la qualité du système d’épreuvage. L’épreuve analogique possède cependant des imperfections techni-ques, puisque la répétatibilité des couleurs est souvent inégale et ceci malgré le fait que le procédé Cromalin soit une technologie à sec.

          Le système d’épreuvage doit s’appuyer sur une norme appelée Eurostandard. La FEDEC gère ce stan-dard. C’est une férération européenne regroupant six associations nationales appartenant aux métiers de l’édition, de la publicité, de la communication et des Arts-Graphiques. En France, c’est l’association ATEP (Association des Techniciens de l’Edition et de la Publi-cité) qui est représentée au sein de cette fédération, qui organise régulièrement des séances d’échanges entre les divers protagonistes des métiers des Arts-Graphiques (réunions axées plus particulièrement au niveau marketing


Qu’est-ce que l’Eurostandard ?

          L’Eurostandard est une norme adoptée sur le marché européen, contrairement à la norme américaine appelée SWOP. Ce standard permet d’obtenir une ges-tion qualitative CMJN pour la plupart des travaux en imprimerie offset. Sur une épreuve de contrôle (par exemple un Cromalin), une gamme dite de Brunner est obligatoirement présente. Cette gamme complète permet de contrôler plusieurs paramètres que sont l’engraisse-ment du point, les densités d’encrage, la balance des gris, etc.


et technique). Elle est en charge de mettre au point des normes dans ce domaine, principalement en ce qui concerne les technologies du numérique. C’est ainsi que l’Eurostandard est géré par cette fédération, et que chaque entreprise qui désire mettre une technologie relative à ce standard, doit obligatoirement avoir l’accord de la FEDEC pour obtenir la Certification Eurostandard.

L’épreuvage numérique

          Généralités

          Ce type d’épreuvage est en fonctionnement seulement depuis quelques années et possède des avantages mais aussi des inconvénients par rapport à son concurrent qu’est l’épreuvage analogique. Il peut être rentable à première vue, mais il faut tout de même rester prudent et surtout connaître ses limites. Certains paramètres, que nous allons détaillés, sont indispensables pour une bonne simulation. A titre d’exemple, l’épreuvage via un système de subli-mation thermique efface les moirés (impression en tons continus), et les systèmes d’épreuvages tramés ne possèdent pas toujours les mêmes types de trames que ceux d’une presse, d’ou une incompatibilité et des résultats de qualité non optimale (mais il existe déjà certain solution, par example la societe Aurelon a sorti un RIP, qui utilise les fichers, déjà tramé par le RIP de la flascheuse). D’autre probleme est l’éncre lui meme, qui a la tendence, de changer avec le temps. Alors si le client a donné son BAT sur l’épreuve numerique, et 2 semaine plus tard il reclame le qualité de l’impression chez son imprimeur, l’imprimeur ne peut plus presenter le BAT, car le couleur ont déjà changé.
Elle a cependant de réelles qualités puisqu’elle est plus rapide, et si elle est alliée à un système de gestion des couleurs, les résultats peuvent être ainsi optimisés. Les entreprises Dupont Nemours, Epson, Agfa, Minolta QMS, Imation, etc., proposent ce type d’épreuvage sur diverses types de machines (laser, sublimation thermique, jet d’encre, tramée). Ces systèmes d’épreuvage sont proposés avec des RIP, et celui-ci génère une trame indispensable à la simulation d’une sortie sur presse.

          L’épreuvage numérique est en pleine expansion depuis ces dernières années, au point même de supplanter l’épreuve analogique. Le critère économique en est la principale raison. En effet, l’investissement d’une machine d’épreuvage numérique est à l’heure actuelle beaucoup plus rentable qu’une analogique. Le coût de la sortie numérique (BAT) marque sa différence envers ses concurrents directs (Matchprint ou Cromalin). Cependant, nous pouvons ajouter à cette raison économique, une autre, cette fois-ci purement technique. Les systèmes CTP (Computer To Plate), dont le principe est de graver directement les plaques à partir des fichiers informatiques, et donc de sauter l’étape de création des films CMJN (Flashage), voient leur marché se développer à grande vitesse dans le milieu des Arts-Graphiques. C’est pourquoi l’épreuvage numérique se trouve inévitablement mis en avant par les entreprises possédant des systèmes CTP. Une épreuve contractuelle de type numérique (tramé ou en tons continus) leur évite de produire des films, qui serviront à la gravure des plaques offset. Le gain de temps et le gain d’argent semblent être les principaux avantages de l’épreuvage numérique. Quant à la qualité des sorties, il faut différencier deux technologies que sont le ton continu et le tramé.

          L’épreuvage numérique à tons continus

          Les prestataires utilisent des périphériques d’im-pression sans prendre en compte la trame. La gamme de contrôle, présente sur n’importe quel système d’épreuvage est mesurée à l’aide d’un densitomètre, afin de mettre en évidence les éventuelles dérives entre une épreuve contractuelle et l’imprimé final. La trame n’étant pas simulée, ce système est donc adapté aux travaux ne nécessitant pas la qualité tramée. Les principaux acteurs de ce marché du ton continu sont Epson, Hewlett Packard, Canon, Imation, CreoScitex, Dupont, Drytone, Agfa et Xerox. Les technologies des systèmes d’impression utilisées sont le jet d’encre continu (Iris), la sublimation thermique (Kodak Approval), le jet d’encre à la demande (ou DOD – Epson Proofer 5000), et les copieurs lasers. Actuellement, le système d’épreuvage numérique à tons continus le plus apprécié dans le milieu prépresse est l’Iris de CreoScitex, car il donne les meilleurs résultats.

  L‘épreuvage numérique tramé

C’est le système d’épreuvage numérique le plus qualitatif de tous. La trame doit être simulée par le même RIP servant à sortir une épreuve et à graver les plaques. Cette condition est un gage de précision et de qualité. C’est le système d’épreuvage Approval de Kodak qui est le plus reconnu du marché. Ce système est toutefois beaucoup plus onéreux que le premier. D’autres marques sont présentes sur le marché, notamment Polaroid, CreoScitex, Aurelon ou Imation.

          Propriétés de l’épreuvage numérique

          Les systèmes d’épreuvage numérique doivent posséder des aptitudes à gérer le profilage ICC. C’est le cas de tous les systèmes décrits précédemment. Ils entrent ainsi pleinement dans l’architecture colorimétrique de la chaîne graphique. La gamme de contrôle est indispensable sur chaque épreuve numérique comme dans le cas de l’analogique (elles sont différentes pour chaque genre d’épreuvage). La mesure de cette gamme doit être faite via un densitomètre pour savoir si l’épreuve est dans les normes par rapport aux conseils du constructeur. Le paramètre essentiel d’engraissement du point pourra être déterminé grâce à cette gamme de contrôle, et vérifié en comparant celui de la presse offset.

Impression Proof et Standard FOGRA

En vue d´une standardisation de l´impression Proof et de l´impression tirage, l´Institut de Recherche FOGRA a, en collaboration avec le groupement Bundesverband Druck Fédéral d´Impression (BVD) mis en place des directives. Ces directives englobent essentiellement les données suivantes :

- la répartition des sortes de papiers en quatre catégories
- la détermination d´accroissements d´impression mini. et maxi. pour chacune de ces catégories papiers
- une bande de contrôle pour l´impression tirage et l´impression proof
- une méthode de détermination d´intensité de ton optimale pour chacune des catégories papiers dans l´impression tirage et l´épreuvage.

Par exemple pour du papier couché FOGRA donne les valeurs suivantes:
Pour un recouvrement de surface sur le film de 40%, la FOGRA indique, que sur du papier couché le recou-vrement de surface doit se situer autour de 56%, et sur un papier non couché cette valeur doit se situer autour de 62%.

L’utilisation d’une barre de contrôle est recommandée pour tous les systèmes d’epreuvage.


Critères de sélection pour un système d’épreuvage numérique.

Le système doit être capable de pouvoir simuler des systèmes d’impression différents, entre papier couché et papier journal. Le système doit avoir un système de calibration interne (aussi appelé linéarisation, mais différent de la caractérisation) pour pouvoir contrôler l’encrage et la balance de gris. Ce système travaille en général avec une barre de contrôle, qui est mesurée à l’aide d’un densitomètre. Les valeurs mesurées sont rentrées directement dans la machine d’impression, ou dans le logiciel RIP, qui crée une nouvelle courbe d’encrage. Ce système est simple, rapide et permet d’avoir une qualité d’épreuvage constante.

En pratique, la plupart des imprimeries ne fonctionnent pas complétement d´après les propositions de la FOGRA et du BVD. Beaucoup ont recours à la bande de con-trôle FOGRA afin de contrôler les intensités de ton, l´augmentation de ton et la balance des gris dans l´impression tirage. Toutefois, au lieu d´identifier les tons optimaux d´après les schéma très coûteux de la FOGRA et du BVD, les imprimeries travaillent avec des valeurs acquises par expérience et établissent un réglage précis à l´aide d´un proof analogique ou numérique.

          L’épreuvage écran

          Actuellement, ce système d’épreuvage est en pleine expansion, car il est très économique et aisément intégrable dans un système de gestion de la couleur. La simulation n’a plus lieu physiquement comme dans les deux cas précédents, mais sur l’écran via le CMS. L’application de profils ICC implique logiquement un épreuvage écran. Celui-ci peut s’effectuer ne plusieures manières: soit par l’emploi d’un logiciel de retouche d’image comme Photoshop, soit par un logiciel spécifi-quement dédié à cet effet tel que PressProofEdit de Qubyx, ou ColorBlind Edit.




Le logiciel QUBYX PressProofEdit permet une prévisualisa-tion /Softproof de la sortie Cromalin, ou proofer en prenant en compte le profil d’écran et le profil du scanner. Le fichier peut être en LAB, RVB ou CMJN.




Photoshop peut visualiser un Softproof en appli-quant le profil de l’imprimante même sur un fichier RVB, et il peut simuler le blanc du papier.





La norme américaine SWOP


          Cette norme a vu le jour suite au développement, à la fin des années 60 et au début 70, des publications utilisant la technique traditionnelle de l’offset. Face à une règlementattion inexistante en matière de qualité d’impression, un comité fut crée, et les premières recom-mandations virent le jour en 1976. Le SWOP (Specifica-tions for Web Offset Publications) n’a cessé depuis de connaître des évolutions technologiques, dans le but d’améliorer la production. Cette spécification SWOP devient une marque déposée en 1994. Son but actuel est toujours d’élever le niveau de qualité des systèmes d’im-pression en appliquant un certain nombre de contraintes et tolérances. Les récents développements en terme informatique ont permis de remplacer progressivement le film par des fichiers numériques. La norme SWOP a dû s’adapter aux éxigences du marché industriel, et elle a mis en place une série de nouvelles recommandations. Le monde du prépresse, des agences de publicité, de l’édition et de l’impression utilise donc cette norme, qui est directement concurencée en Europe par l’Eurostan-dard. Des informations complémentaires peuvent être consultées sur le site officiel :

http://www.swop.org



Edition des profils ICC

          Il existe peu de logiciels dédiés à l’édition de profils ICC. Notons que Profile Maker de GretagMac-Beth propose un soft appelé Profile Editor, tout comme Colorsynergy de CandelaColor, ou ColorBlind Edit, Profile Editor de ColorVision, logiciels qui ont pour but de pouvoir éditer un profil de manière spécifique pour chacun d’entre eux. Il ne s’agit pas ici de montrer dans le détail les caractéristiques propres à chacun de ces produits, mais simplement de comprendre la logique de fonctionnement d’un logiciel d’édition de profil ICC.
L’édition de profil permet donc d’afficher et d’éditer les caractéristiques d’un profil, dans le but de pouvoir contrôler sa qualité et, le cas échéant, effectuer des corrections sur le profil lui-même. Les systèmes de corrections sont propres à chaque logiciel d’édition. Une fois les corrections effectuées, il y a possibilité de les visualiser sur écran et de comparer le résultat issu des corrections sur le profil et l’image initiale. Dans ce cas précis, nous employons en quelques sorte une logique de soft proofing, méthode que nous avons détaillée dans le chapitre précédent.
Cette étape complémentaire de celles de création de profils ICC d’entrée (scanners, moniteurs) et de sortie (système d’impression) est essentielle au bon déroulement et à la qualité optimisée d’une gestion des couleurs.

          Pourquoi éditer un profil ?

          Il se peut qu’un profil nécessite des corrections, ou que ce profil soit tout simplement erronné. Dans ce cas, des ajustement sont nécessaires et indispensables afin de le modifier et de l’améliorer.
Pour résumer, nous pouvons dire que l’édition de profils ICC est nécessaire dans plusieurs cas de figures. Comme nous l’avons précisé précédemment, ce peut être dans une démarche créative volontaire (ou l’adaptation au gout du client «je prefer le couleur vif» «je veut, que se naturell») que l’on peut éditer puis modifier le profil. Par contre si l’original possède des défauts tels qu’une sur ou sous-exposition, alors dans ce cas précis, elle est indispensable pour le rétablissement de l’image. Ainsi, en choisissant un Profil Source et un Profil Destination, nous pouvons afficher la représentation chromatique de ces profils (gamuts dans les espaces colorimétriques CIE L*a*b*, Yxy, ou CIE L*u*v*), et les comparer visuellement et graphiquement. La balance couleur, le point noir et le point blanc, le contraste, la luminosité et la saturation, sont autant de paramètres sur lesquels l’édition de profils peut permettre des modifications.



Exemple d’édition d’un profil (logiciel Profil Editor)




Le logiciel ColorQuatet offre la possibilité d’enregistrer toutes ses nombreuses corrections colorimetriques directement dans le profil du scanner, ou du profil de sortie.


Le logiciel ColorSynergy offre également de nombreuses possibilités, de modification du profil, et aussi du point blanc, point noir, point gris, contraste, luminosité, correction séléctive des couleurs.

Le logiciel QUBYX PressProof Edit permet d’éditer des profils d’entrèe et de sortie, soit avec des courbes, ou a l’aide de variantes, avec des réglages +-Magenta, +-Cyan, +-Jaune, +-Densité.




Figure 29 : Exemple de gamut d’un profil (logiciel Colorsync Profile Inspector )




Le logiciel ColorBlind Edit offre de très vastes posibilités de réglages pour éditer un profil.



Le langage PostScript

          PostScript, crée par la société Adobe, est un langage de programmation optimisé pour l’impression de graphiques et de textes. Le langage PostScript en est à sa version 3 depuis 1997 (1ère version créee en 1982 et mise sur le marché en 1985). Il est compatible avec de nombreux systèmes d’exploitation (Windows 3.1, 95, NT, MacOs, DOS, UNIX, etc.), et il est supporté par un grand nombre d’applications. Il est considéré, à l’heure actuelle, comme un standard d’impression. Le format, connu sous le nom d’EPS (Encapsulated PostScript), est le format basé sur le langage PostScript (fichier image). Le R.I.P. doit donc accepter ce type de format, et il a comme fonction essentielle de transformer ces données en données bitmap. Ce langage est donc indépendant du système d’impression, puisque le format utilisé est vectoriel, et à chaque imprimante correspond un fichier PostScript spécifique fourni systèmatiquement par le constructeur du périphérique.

 


CRD ou Color Rendering Dictionnary

          Ce dictionnaire appartient au langage PostScript (niveau 2 et 3), et il a pour fonction de pouvoir définir les caractéristiques de conversion entre deux espaces colorimétriques. En sélectionnant tel ou tel CRD dans les options du driver d’imprimante, le langage PostScript a donc cette possibilité de variations de conversion en utilisant ces librairies de Color Rendering. Ces dictionnaires sont utilisés notamment par les RIP.


Le Raster Image Processor ou R.I.P.

Le R.I.P. est la principale unité de contrôle avant le système d’impression. Sa fonction est de traduire les données PostScript, provenant du driver pilotant l’impression, en données bitmap utilisables par le système d’impression. La gestion de la couleur peut s’effectuer au niveau du R.I.P. lui-même, tout en sélectionnant, par exemple, des profils ICC ou des CRDs pour faire la conversion d’un espace à un autre. Le principe de certains RIP est d’utiliser notamment deux profils ICC, celui du proofer (imprimante, par exemple Epson ou HP) et le profil de l’impression offset, qui doit être simulé.
Le plupart des RIP crée la trame avec leur propre système, ce qui fait qu’une imprimante est capable d’imprimer d’autre couleur avec cette «nouvelle» trame, qu’avec le driver d’origine. Après avoir rippé l’image, la gestion des couleurs du RIP va appliquer le profil de l’imprimante, et simuler l’impression final.
Les fabriquants des RIP founissent en général leurs systèmes avec des profils ICC pour un certain nombre d’imprimante et leur propre papier «proof».
Pour pouvoir utiliser ces RIP comme un système d’épreu-vage, il faut utiliser le papier du fabriquant, ou créer son propre profil.
Le ripping utilise par défaut le langage de programmation PostScript. Le RIP actuel a tendance à souvent être associé à un serveur, dont le but principal est d’améliorer la productivité en contrôlant chaque paramètre du processus (vérification de la mise en page du document, des images intégrées, de la file d’attente d’impression, etc.). Les postes de travaux individuels n’effectuent ainsi plus toutes ces tâches, ce qui leur laisse du temps et de l’espace de travail pour la production (retouche d’images, mise en page, etc.). C’est pourquoi la plupart des prestataires choisissent un système appelé Serveur RIP, car il est en mesure d’apporter de nombreuses aides dans le contrôle post-production des travaux quotidiens. Cependant, il ne faut pas croire qu’aujourd’hui tout est automatisé dans un système WorkFlow. Il existe encore certaines tâches qui doivent être effectuées manuellement, ce qui a pour effet direct de ralentir et minimiser le rendement du flux. Ces Serveurs RIP ont tendance à utiliser comme plate-forme de référence Windows NT, qui possède l’avantage de
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